La FGTB à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques - 6 au 17 novembre 2006 - Nairobi, Kenya.
Le 16 novembre 2006: Ça gaze à Nairobi !
Au programme, des rencontres avec des représentants japonais, anglais et le ministre néo-zélandais de l'environnement. Un petit groupe de syndicalistes leur a demandé de soutenir notre demande formelle d'être reconnu dans le cadre du débat sur les changements climatiques. En effet, demain, nous discuterons avec le secrétariat de la CCNUCC chargé de la coordination de l'événement, qui voudra bien sûr savoir si notre demande est appuyée par plusieurs pays.
Nous n'avons pas à nous plaindre, de nombreux représentants ont compris que le mouvement syndical peut jouer un rôle important dans le cadre de la politique climatique et ont déjà déclaré soutenir notre appel.
Nous avons rencontré hier la ministre espagnole de l'environnement. Elle est le rêve de tout syndicaliste! Aujourd'hui, elle a adressé la parole à l'assemblée plénière. Elle a renvoyé explicitement aux travailleurs : "Pour stopper le processus irréversible du changement climatique par le recours à des combustibles fossiles, nous devons arriver à une efficacité énergétique maximale et à l'utilisation d'énergies renouvelables.
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Dans ce processus, il est essentiel d'impliquer tous les acteurs économiques et plus particulièrement les organisations syndicales et les travailleurs. Leur participation active est indispensable pour arriver à une réorientation du système de production. Il faut aussi garantir une transition correcte vers un modèle durable". Dans sa conclusion, elle s'est référée à l'important potentiel de développement des projets CDM comme instrument de lutte contre la pauvreté.
Peu après, nous rencontrons notre ministre fédéral de l'environnement, Bruno Tobback, avec qui nous discutons de certains dossiers fédéraux.
Le ministre accueille positivement la plupart de nos questions. De plus, il y a beaucoup de chances qu'une réunion ait lieu demain entre les délégations belge, britannique et espagnole sur la manière de collaborer en vue d'intégrer les organisations syndicales et plus particulièrement leurs actions de formation et d'éducation dans la politique climatique.
A suivre… |
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Mardi, une conférence de presse était prévue ainsi qu’une rencontre avec la présidence de l’UE.
La journée a plutôt mal commencé, en ce sens que nous avons constaté que la conférence de presse avait lieu à un autre endroit que communiqué par le secrétariat. Il était trop tard pour en informer toute la presse, mais à notre arrivée, nous avons constaté que les journalistes avaient pu trouver leur chemin, malgré les changements chaotiques et de dernière minute au programme.
Changements climatiques en Afrique – Les syndicats plaident pour la solidarité dans l’action
Le président de Sustainlabour, la fondation internationale qui travaille sur l’emploi et le développement durable, a expliqué qu’alors que les données scientifiques sur l’impact des changements climatiques sur l’environnement étaient généralement acceptées, les données scientifiques sur leur impact économique étaient depuis peu aussi connues, suite à la publication du rapport Stern. Par contre, aucune donnée n’est disponible sur l’impact social, entre autres sur l’impact sur l’emploi. La CES a donc brièvement commenté son étude et la position qu’elle a prise dans sa résolution pour réduire les émissions de 25% d’ici 2020. Il a été dit qu’il fallait être solidaire avec les pays en développement, plus particulièrement avec le Continent africain qui subira de plein fouet l’impact des changements climatiques, alors qu’il n’est que très peu responsable de ces changements. Le président du syndicat kényan a souligné les conséquences au quotidien des changements climatiques que la population subit. Il a fait référence entre autres à la sécheresse persistante dans le nord du Kenya et aux inondations qui ravagent actuellement Mombassa. Le travail dans le secteur de la construction de la zone côtière touchée par les changements climatiques est à l’arrêt parce que l’usine de ciment ne peut plus poursuivre sa production. Les syndicats kényans veulent que le point du climat soit mis à l’agenda politique, car ils sont conscients que le changement climatique est une menace importante pour la vie de leurs membres, de leurs familles et de leurs communautés. Il a dès lors fait un appel pour un plan d’action climat de Naïrobi pour l’Afrique. Un plan qui intègrerait l’idée de la solidarité du nord, de l’intégration des aspects climatiques dans les objectifs du Millénaire et de l’implication de la société civile et des syndicats. Le président du syndicat kényan a conclu en disant que les syndicalistes sont avant tout des gens d’action, faisant référence au large projet visant à planter des arbres au Kenya, au Burkina Faso et en Ouganda. Les syndicats y entreprennent des actions contre l’avancée du désert. Ils y assurent indirectement leur approvisionnement en eau et veillent à avoir une source renouvelée de bois à brûler et sont ainsi préparés à faire face aux effets attendus du changement climatique.
En annexe, vous trouverez notre communiqué de presse.
La rencontre avec l’UE a été l’occasion de demander un soutien à la reconnaissance officielle de la CIS (confédération internationale des syndicats), la demande ayant été introduite. De plus, la FGTB a souligné nos actions de formation sur les changements climatiques. Nous voulons en effet que les efforts internationaux du mouvement syndical soient appréciés à leur juste valeur et que nous soyons reconnus comme une des organisations les plus importantes dans la formation dispensée aux adultes dans le cadre de la politique climatique internationale.
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Conférence de Nairobi : en courant de réunions de groupes en conférences-débats.
A côté des séances plénières de la Convention et des réunions des multiples groupes de travail où se négocient les textes et positions qui y sont présentes, chaque journée de la Conférence de Nairobi voit se dérouler une foule de side events. Il s’agit de conférences-débats qui sont autant de tribunes permettant aux organisations participantes, dont les organisations syndicales, d’exprimer leurs préoccupations et revendications, mais aussi aux chercheurs de venir présenter leurs travaux sur des thèmes liés à la question des changememts climatiques, dont certains témoignent d’une approche innovante.
C’est ainsi que nous avons pu assister à la présentation des résultats préliminaires d’une recherché présentée par LIFE - Woman Develop Eco Techniques qui apporte un éclairage intéressant sur les relations entre le genre et les changements climatiques. Outre la vulnerabilité socio-économique particulière des femmes aux effets des changements climatiques, tels que la sécheresse et l’extension des zones désertiques, mais aussi la multiplication des épisodes d’ínondation, l’étude explore les mécanismes à travers lesquels les politiques de lutte contre les changements climatiques devraient intégrer les rôles et comportements différents des hommes et des femmes au sein de la société. Et à ceux qui penseraient que ceci ne concerne que les sociétés humaines du sud, l’étude permet de répondre que chez nous, par exemple, lorsque les femmes possèdent une voiture, celle-ci est généralement plus petite et consomme moins, donc pollue moins, que celle des hommes, d’autant plus que leur conduite est souvent aussi plus douce.
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Samedi 11 novembre : side event syndical
- Lors de ce side event, les résultats préliminaires de l’étude de la CES (Confédération européenne des syndicats) consacrée à l’impact de la politique climatique sur l’emploi ont été présentés. La version définitive sera présentée à une conférence de haut niveau organisée par la CES en mars 2007.
- Un représentant du gouvernement britannique a expliqué que l’implication de la société civile occupe une place centrale dans la politique du RU. Il a ajouté que la position du gouvernement britannique va plus loin que celle de la CES, dans le sens où le RU veut s’inscrire dans les objectifs de réduction de -30% d’ici 2020 et de -80 % d’ici 2050 (en comparaison avec 1990).
- Un collègue espagnol a brièvement exposé le dialogue social (en Espagne) avec les pouvoirs publics et les employeurs sur les plans nationaux d’allocation ou, en langage courant, le nombre de droits d’émissions à octroyer aux entreprises. Des discussions sur le deuxième plan national d’allocation sont actuellement en cours dans 7 secteurs industriels. A propos de ces données chez nous, c’est le brouillard total côté pouvoirs publics et entreprises. L’exemple espagnol est donc particulièrement instructif pour nous !
- La FGTB a également pris la parole. Daniel Van Daele a parlé du potentiel énorme que constituent les projets « air propre » (CDM/MDP) comme instrument dans le développement durable des pays en développement. Des critères sociaux, tels le respect des conventions de l’OIT, doivent cependant être repris, comme c’est le cas dans notre procédure fédérale.
Lisez ici notre contribution.
- Le dernier orateur était un collègue de l’aile sud-africaine qui attira l’attention du public sur l’impact disproportionné qu’engendreront les changements climatiques pour les pays africains, alors que ceux-ci n’en portent pas la responsabilité historique.
- Le mouvement des femmes et des jeunes, présent dans l’assistance, souleva finalement la question des aspects sociaux du dossier et proposa de s’unir pour les défendre ensemble. Cette intervention a été accueillie avec des applaudissements.
| Le potentiel que constituent les projets MDP susceptibles de devenir un instrument dans la lutte contre la pauvreté et pour le développement durable des pays les plus pauvres, a subi un revers assez inattendu. En effet, l’Europe et le Canada font du lobbying pour faire reconnaître les projets de stockage du CO2 par injection dans le sous-sol comme des projets MDP. Si cette reconnaissance devient réalité, il y a lieu de craindre que tous les futurs projets seront attribués à la Chine et que l’Afrique n’aura plus de projets « air propre » susceptibles de devenir des instruments de développement. |
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Vendredi 10 novembre : journée de formation sur le changement climatique pour les camarades kenyans de COTU.
La journée commença pas la constatation qu'il s'agissait d'un moment unique dans l'histoire syndicale. Pour la première fois, des secrétaires de presque tous les secteurs concernés d'un pays (agriculture, chemins de fer, construction, pétrole, recherche…) se sont réunis toute une journée pour débattre des changements climatiques, de leur impact et du rôle syndical dans ce dossier.
Le désert se développe rapidement et cette évolution a un impact direct sur notre vie et sur nos membres, déclara le vice-président de COTU, Wafula Musamia, au début de la session. Nos forêts, qui retiennent l'eau, disparaissent trop vite. Il y a l'érosion de nos terres et les saisons changent. Le lac Nakuru a séché et les flamants roses sont partis. Il se référa également aux inondations au Mozambique en 2000 qui ont provoqué la perte de plusieurs milliers d'emplois.
Il est clair que les changements climatiques et leurs conséquences pour les travailleurs africains n'est plus un problème de demain mais une réalité quotidienne.
Les prévisions ne sont guère roses. Le défi consiste donc à armer la population et les travailleurs pour faire face à ces changements. C'est ce qu'on appelle "l'adaptation" dans le jargon.
La formation que nous avons donnée a permis de mieux comprendre ce problème de taille mondiale. Mais une chose est évidente : il y a un manque de capacités, y compris au niveau des pouvoirs publics et des promoteurs. Ainsi, l'Afrique reste sur sa faim en ce qui concerne le développement des projets MDP.
Les syndicalistes kényans sont préoccupés par le changement climatique et ont décidé de créer un comité spécial. De plus, les trois sièges qu'ils occupent au parlement national leur permettent d'exercer une pression politique directe.
Musiama a aussi souligné la nécessité d'intégrer les changements climatiques dans les objectifs de développement du millénaire et lancé un appel pour arriver à un plan d'action pour l'Afrique associant les travailleurs et leurs communautés à l'élaboration de stratégies d'adaptation.
Le dernier jour de la conférence, Andrew Kailembo, secrétaire général de l'organisation africaine des syndicats africains, a prononcé un discours en séance plénière.
Projets MDP en Afrique
Lors d'un des nombreux "side events" organisés dans la marge de la conférence, nous avons appris que 61% de ces projets vont à la Chine. De plus, la très grande majorité de ces MDP chinois concernent le remplacement des CFC, produits qu'à l'époque, nous avions tous dans nos réfrigérateurs. Seulement 4% des tous les MDP sont réalisés en Afrique. D'ores et déjà, il est clair qu'une meilleure distribution régionale sera la priorité des priorités pour les pays africains. |